Depuis que je me suis installé en Belgique en février 2000, je me suis senti beaucoup plus stressé que quand je vivais en France. On peut mettre cette constatation sur le compte de beaucoup de choses. Ce peut être inhérent au fait de prendre son envol, qui plus est dans un pays que l’on ne connaît pas. Mais au bout de quelques temps, à la force de l’habitude, le stress doit diminuer s’il ne s’agit que d’une situation nouvelle. Or, il n’a cessé de grandir. Récemment, j’ai fait un point sur moi-même et j’ai remarqué que beaucoup de mes réactions, souvent emportées, étaient conditionnées par cet excès de stress. J’ai donc fait une analyse de mon quotidien. Je vous livre ce que j’ai mis en place pour réduire notablement mes crispations quotidiennes.

Le but n’est pas de dire que j’ai le mode de vie ultime désormais ni que ma vie est au top. Tant que l’imperfection sera de ce monde, il y a peu de chances que notre vie, quelle que soit notre situation, soit parfaite. Au mieux peut-on s’en contenter. Et c’est de cela que nous allons parler dans ce billet : d’acceptation et d’organisation.

Acceptation

Dans la vie, il y a des choses que l’on peu changer et d’autres pour lesquelles on ne peut rien faire. Il est donc important voire vital de se concentrer sur les choses pour lesquelles nous avons des leviers d’actions.

Prenons un exemple concret. Nous avons tous besoin de travailler. On pourrait se contenter de vivre d’allocations sociales mais ce n’est pas çà qui nous donnera une vie acceptable, pour peu que l’on ait d’autres ambitions dans la vie que de regarder la TV H24… Donc nous devons aller travailler. C’est immuable : tous les jours nous devons nous lever, nous préparer, travailler. Dans ce temps là, qui est réservé au travail, nous comprenons les trajets qui peuvent rallonger considérablement le temps où l’on est bloqué à ne rien faire. Et on ne peut pas y faire grand chose. Sinon l’accepter et vivre avec.

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Un autre exemple. Dans notre travail, il y a des choses qui nous énervent ou simplement que nous voudrions améliorer. Sur certaines, nous pouvons agir en nous organisant autrement pour augmenter notre productivité, en aménageant notre espace de travail, par exemple. Pour d’autres, nous sommes impuissants. Pour la bonne volonté des collègues, par exemple. Ou pour des procédures que nous trouvons trop lourdes mais qui ne dépendent pas de nous. Mais en ce qui concerne le plan professionnel, nous y reviendrons un autre jour.

Pourquoi accepter ?

Ce premier point, l’acceptation, est vital dans la gestion de notre stress. Si vous arrivez à accepter que certaines choses sont hors de contrôle, vous arrêterez de buter sur des problèmes insolubles parce que ne relevant pas de votre champ d’action. Vous pourrez alors consacrer votre énergie à résoudre des problèmes sur lesquels vous avez la main. Et quand vous verrez que vous avancez dans vos projets grâce à ce changement de perspective, vous sentirez du stress en moins ! Un poids qui vous aura freiné peut être durant de nombreuses années mais qui aura disparu.

Priorisez pour moins de stress

Un autre facteur important de stress que j’ai pu déterminer tient au fait de vouloir trop en faire. Aussi bien dans le domaine professionnel que sur le plan personnel, on a plein d’idées. Mais le temps, lui, reste le même. Il est de 24 heures pour tout le monde et pour peu qui vous avez un temps de repos normal,, vous pouvez enlever 7 h qui vous serviront à recharger vos batteries. Et finalement, 17 heures, c’est très court quand on est toujours en train de courir. Voici le remède que j’ai trouvé pour palier à ce soucis.

Exercice

Je me suis assis, j’ai ouvert une page dans OneNote (et oui, on ne se refait pas) et j’ai listé tout ce que je faisais sur une journée. Pour moi, çà donnait à peu près çà :

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Vu comme çà la liste est plutôt réduite, non ? Alors, pour comprendre ce qui me prenait tellement de temps, j’ai essayer d’évaluer le temps que me prendraient ces activités par jour si je m’y adonnais. J’ai additionné le tout et je suis arrivé à 5.5 heures d’activités.

Ensuite, j’ai listé les activités “obligatoires” comme le boulot, les trajets, le sommeil et le temps à passer en famille. Puis, j’ai déduis ce calcul du nombre d’heures disponibles sur la journée. La comparaison entre les deux calculs a mis mon problème en évidence de manière éclatante : je voulais faire trop de choses. Et quand on fait trop de choses, on les fait souvent mal.

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Qu’ais-je donc fait ? En face de chaque activité que j’avais listée comme désir, j’ai mis une étoile pour indiquer celles que je voulais faire absolument. De ce choix dépendrait le reste du temps disponible. J’ai donc choisi les deux premières activités listées ce qui m’occupait déjà 1 heure et demi par jour. Le reste étant considéré comme facultatif, je l’ai laissé de côté.

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Organisation, l’anti-stress garanti

L’exercice ne s’est pas arrêté là. Parce que, dans mon analyse, j’ai remarqué que quand je faisais mes activités importantes le soir, après une grosse journée de boulot, je n’avais aucune envie de m’y mettre. Or, je ne voulais pas que ce soit une corvée. Même si une fois lancé, comme souvent, on y trouve du plaisir, il n’y a rien de plus pénible que de rechigner à se mettre à une activité qui est sensée nous procurer du bien-être.

La question que je me suis posé est donc la suivante :

A quel moment de la journée suis-je le plus alerte sur le plan intellectuel ?

La réponse était évidente : le matin, après le réveil. Je me suis donc posé la question de savoir si je ne pouvais pas réorganiser mon emploi du temps pour faire les choses les plus importantes à un moment où je suis en état de réfléchir. Et vous savez quoi ? C’était tout à fait possible.

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Comment je me suis organisé

Je me lève donc le matin à 4:45. J’émerge, je fais quelques mouvements d’étirement pour me réveiller, je vais boire un coup. A 5:00, je m’installe devant ma Surface et j’étudie la Bible pendant une heure. A 6:00, je vais réveiller la maisonnée et je commence à me préparer pour aller au taf. Départ à 7:00. J’arrive à Bruxelles en général entre 8:00 et 8:10. Je bosse jusque 11:50. A cette heure-là, je m’installe pour manger, toujours devant ma Surface. Je lis la Bible pendant 30 minutes. Pas obligatoirement 30 minutes mais je réfléchis aussi à ce que je lis. Ma pause de midi est donc entièrement dédiée à çà.

Frais comme un gardon, je retrouve mon bureau à 12:20 et je le quitte, en général entre 15:45 et 16:15 en fonction de l’heure à laquelle je suis arrivé. Quand je rentre, environ vers 17:15, je n’ai plus rien à faire de mes activités importantes puisque je les ai faites au début de la journée. Et me voilà libre de faire ce qu’il me plaît jusque 22 heures, heure du dodo.

La chasse aux nuisibles

La dernière chose que je peux dire c’est que je passais beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux. Or, si vous connaissez un peu ces médias, vous savez à quel point certaines personnes peuvent être toxiques. Au point, même de parfois vous dégoûter de passions que vous aviez depuis (très) longtemps. Cela m’est arrivé. Alors j’ai agis.

J’ai limité fortement le temps que je passe sur Twitter et Facebook. Je sélectionne plus drastiquement les personnes que je veux voir. Et les gens toxiques, je limite leur pouvoir de nuisance en les masquant ! Ah, si on pouvait faire pareil dans la vie… Nous y reviendrons dans un prochain article 😉

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Cà n’a l’air de rien, dit comme çà… c’est même complètement trivial, pourrait-on dire mais croyez-moi : je me sens vraiment beaucoup mieux depuis que j’ai mis ce programme en place, çà fait maintenant 15 jours. 15 jours et j’en ressens déjà les effets bénéfiques, à la fois au niveau du stress mais aussi au niveau de mon caractère.

Des résultats probants

Je conduis moins agressivement. Dans la voiture, je n’ai pas l’impression de perdre du temps : j’écoute de la bonne musique qui me motivera pour ma journée de travail. J’arrive à la maison moins énervé. J’avance dans mes projets annexes. J’arrive même à écrire des articles pour le blog ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps. Et qui plus est, si on veut regarder un film en famille, je suis dispo et je ne réfléchis pas à comment ce changement va impacter ma soirée. Et si je ne regarde pas de film, je lis un bouquin ou je regarde une série. Les jeux vidéo font aussi partie de la thérapie : j’ai remarqué qu’ils avaient un effet stressant sur moi. Je les ai donc mis en pause pendant un mois pour voir si je sens un changement à ce niveau.

Le stress, dans une certaine mesure, est bon pour le corps, pour notre sauvegarde, même. Il s’agit d’un stimulus naturel qui nous permet de nous tenir en garde, face à un danger ou une urgence. Le problème est que la vie moderne nous pousse à être stressés full time. Mais nous pouvons agir là-dessus. Je vous ai livré la façon dont je suis arrivé à améliorer les choses dans mon quotidien. Avez-vous vécu le même genre de chose ? N’hésitez pas à nous en faire profiter dans les commentaires.

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